jeudi 30 mars 2017

Aveu de Faiblesse

Amis lecteurs je dois vous faire un aveu. J'aime les hommes intelligents, et j'aime aussi les hommes de pouvoir. C'est ma faiblesse, totalement assumée. Un homme qui cumule les deux me fait craquer, je suis foutue avant d'avoir réalisé ce qui m'arrive ! Tout cela reste bien entendu très théorique, et d'évidence platonique, mais je ressens dans toutes les fibres de mon corps cette tension irrépressible que seule suscite l'union de l'intelligence et du pouvoir. Mes neurones s'aiguisent, je suis d'emblée focalisée sur l'ultime question : vais-je pouvoir lui parler ? Le tout n'est pas de l'entendre, même si cela s'avère toujours très intéressant, non le but est d'échanger, de tisser un lien même très bref qui s'imprimera à jamais dans ma mémoire et nourrira mon imaginaire. Pas dans le sens romantique du terme, même si j'en plaisante volontiers avec mon cercle d'amis, mais dans celui qui ouvre des voies inconnues à ma propre intelligence, qui la nourrit, qui l'enflamme et qui guidera mes doigts sur le clavier comme en cet instant précis. 

Moi dont le tempérament tranquille abrite un esprit curieux, mais dont l'âme passionnée se protège farouchement des blessures, je ne me reconnais plus dans ces rencontres qui ont émaillé ma vie depuis toujours. Des hommes de pouvoir, des hommes intelligents, j’en ai rencontré tout au long de ma vie et j’en ai même épousé un qui a laissé une trace indélébile... Mon schéma affectif me pousse vers ces hommes qui enrichissent ma propre vie en lui apportant cette étincelle qui la préserve de l’oubli. Ils repoussent mes limites, auprès d’eux, après eux, je peux me surpasser. Leur intelligence provoque la mienne, elle l’oblige à sortir des sentiers battus et à donner le meilleur d’elle-même. 

Pendant ces rencontres j'ai la sensation de me dédoubler et je reste là, à l'écart de moi-même, me regardant évoluer avec aisance jusqu'à prendre les yeux dans les yeux  ma dose de puissance intellectuelle à cet homme qui m'offrira un instant de grâce qui pour lui ne sera qu'un infime moment de sa propre vie... Le caractère souvent éphémère de ces échanges leur donne plus encore de valeur, mais si ce qui s’y dit a son importance il y a des échanges muets qui en ont plus encore. Plus subtils mais non moins satisfaisants ils consolident le lien ténu qui s’est créé, l’estampillent d’une approbation bienvenue pour ce que je fais, pour ce que je suis. Ils sont la certitude que lui se souviendra de cette rencontre et saura mettre un visage sur mon nom, ils accrochent des ailes à mes projets.

Bien sûr lors de ces moments j'engrange, mon cerveau prend des notes, les mots, les phrases, se gravent dans ma mémoire pour y faire leur office. Tout cela me servira plus tard, peut-être pour écrire un article sur mon blog, peut-être pendant un débat ou une simple conversation, mais pas un mot ne sera perdu. J’y ajoute ces petits riens qui dressent le portrait d’un homme, sa voix tout d’abord, sa gestuelle, ses regards, ses petites manies... Ensuite je range l’instantané avec les autres, ceux qui l’ont précédé. Les hommes de pouvoir sont inévitablement liés à des moments clés de ma vie, les rencontrer fait remonter à la surface des souvenirs soigneusement enfouis, l’émotion est forte et je sais que certains autour de moi ne la comprennent pas. Mais au-delà des idées ou des responsabilités je vois l’homme, l’être imperfectible qui m’émeut. Je sais que je suis capable de me distancier intellectuellement de certaines personnes pour lesquelles j'éprouve une admiration immédiate et incontrôlable. Mais s’il est  clair qu’aucun homme de pouvoir, si admirable soit-il, ne me détournera de mes propres engagements, je sais que j’éprouverais à échanger avec lui une vraie satisfaction qui  mettra à rude épreuve mes convictions et fermera la porte à toute tentative de neutralité. 

Et moi, grâce à eux, j’aurais passé ma propre puissance, ma propre intelligence, un cran au-dessus. En les nourrissant de leur propre fragilité. Ce qui en soi est une terrible réalité.

Ecrit à Beaucaire
le 30 mars 2017

vendredi 3 mars 2017

Il n'est pire aveugle et sourd que celui qui ne veut ni voir ni entendre...

Il n'est pire aveugle et sourd que celui qui ne veut ni voir ni entendre... Et j’ajouterais qu’il n'est pire idiot que celui qui ne veut pas comprendre. 

Est-il raisonnable d’espérer en la bonté de l’Homme quand jour après jour d’aucuns s’acharnent à nous démontrer notre erreur ? Je suis sidérée par la capacité de destruction que démontrent certains qui s’acharnent, de préférence à plusieurs, sur qui les dérange dans leurs certitudes. Des certitudes nous avons tous, mais quand elle s’accompagne d’engagements et de valeurs elles deviennent insupportables à quelques-uns. Et ce qui en résulte peut faire vaciller la foi la plus solide en l’humanité. 

Je crois en l’échange, aussi furieux soit-il, il forge des liens indestructibles et ouvre de surprenants chemins de vie. Je crois dans la vertu de la parole telle qu’on la pratiquait dans les temps révolus, lorsque les mots prenaient tout leur sens et transmettaient la sagesse des anciens. Que serions-nous si d’autres avant nous n’avaient lutté pour enlever une à une les pierres sur les voies que nous empruntons aujourd’hui ? De l’expérience de ceux qui nous ont précédé nous tirons notre savoir, notre énergie, et nos valeurs. D’eux nous avons appris de terribles comme de merveilleuses leçons. Il nous revient d’en perpétuer la mémoire et de veiller à ce que certaines ne soient jamais oubliées. Pour cela entre autres,  le verbe est un merveilleux moyen de communication, utilisé à bon escient il peut faire des miracles. A contrario les mots peuvent écraser l’espoir, le réduire en cendres, le disperser aux quatre vents et s’en laver les mains... Certains mots referment un couvercle sur nos mémoires. Si la parole est un bienfait, en venir à l’utiliser pour semer le trouble le plus abject dans les esprits revient à la nier dans son infinie potentialité. Que celui qui n’a jamais blessé par ses mots ou ses écrits me jette la première pierre ! Mais que l’on me permette en retour de la jeter sur ceux qui se saisissent des mots pour blesser à dessein.

Comment dans ces conditions continuer de croire dans les vertus de l’échange ? La volonté de partager le modeste savoir acquis au fil d’une vie ne suffit pas à percer le mur d’indifférence dont s’entourent les autres. Nos espérances se fracassent sur l’implacable réalité de revendications alimentées par des discours qui font vibrer les cordes de la peur et de l’ignorance. L’inculture, la crédulité, la naïveté, forment le quotidien de ceux qui ne sont capables de voir que le pire, et s’empressent de l’inventer quand il ne l’est pas assez pour illustrer leur propos. Dans cette part d’ombre l’humain ne vaut pas le regard que l’on pose sur lui, disons-le franchement il est laid. De cette laideur affligeante qui naît dans les cœurs les plus noirs.

Comment garder l’étincelle en vie quand certains s’acharnent à souffler dessus des bouffées de haine et de bêtise ? Il n’est pas de tâche plus ardue que celle qui consiste à sarcler une terre aride qui refuse jusqu’à l’eau que l’on voudrait lui offrir. Une terre qui finalement se satisfait de mourir et récuse les soins que l’on essaie de lui donner pour adoucir ses dernières heures. Toutes les larmes versées ne suffiront jamais à la garder en vie...

J’ai tendance à croire que c’est au plus sombre de l’avenir qu’il convient de ranimer l’espoir et de croire en l’humanité. Mais je ne suis plus certaine de croire en l’humain dans toute son imperfectibilité. Sans doute parce que je fais le constat terrible que dans sa grande majorité il s’est endormi sur l’essence même de ce qui le constituait, doucement, sans en avoir conscience. Il est entré dans un état de narcolepsie qui dresse entre lui et nous une barrière infranchissable. Il porte sur le monde qui l’entoure un regard embrumé, noyé de haine, hanté par la somme de toutes les peurs qui résonnent au tréfonds de son esprit. Et cet humain là, je n’ai pas envie de lui tendre la main.

Ecrit à Beaucaire
le 02 mars 2017

samedi 3 septembre 2016

LES SOIRS D’ÉTÉ

J'aime ces soirées de fin d'été qui refusent de se clore, ces longues discussions qui sautent du coq à l'âne au gré des envies, et cette douce torpeur qui nous étreint et nous rassemble...  Dans la langueur des nuits d’été les sons s’étirent à l’infini, les odeurs s’exaltent et les gestes se calent sur les attentes de l’autre. Il n’est rien de plus doux à mon cœur que le plaisir de partager ces heures rares avec mes amis, d’ajouter une chaise, puis deux, puis trois pour agrandir le cercle. Sur les tables s’entassent les verres, les tasses à café, les paquets de cigarettes, les briquets, les lunettes de soleil, les portables ! La vie est là, présente mais discrète, comme un rappel à la réalité mise entre parenthèses. Les rires s’égrènent, les bons mots fusent, la nostalgie s’installe sans prévenir au détour d’un récit... De l’humanité de l’autre on prend conscience sans à coups, naturellement, elle s’installe et grignote les certitudes en ouvrant de nouvelles perspectives. Les enfants jouent, ils crient et se poursuivent, toujours à portée d’œil et de voix, rebelles et confiants, avec cette insouciance propre à la jeunesse dont on vole volontiers une part ici et là pour se garder de vieillir. Le plaisir d’être ensemble vaut tous les bonheurs, les âmes se cernent avant de s’épanouir dans une amitié solide, construite sur de petits riens qui n’ont pas de prix. Il est difficile de se quitter, si la raison n’imposait pas de nous séparer nous serions encore attablés aux petites heures du matin, bâillant un peu, parlant beaucoup, baissant la voix avec le jour qui revient... Chacun s’en retourne à sa réalité, emportant ces heures précieuses qui revivront en d’autres nuits. L’été, parfois, n’a pas de fin...

Ecrit à Beaucaire,
le 03 septembre 2016

mardi 7 juillet 2015

Dernier Bain


Tu cours après ta vie
Et tu te prends des claques
Tu t'éclates à l'envie
Et puis après tu craques
Tu voles pour t'en sortir
Tu mens et tu t'fais mal
Pas facile de sourire
Quand tu chopes pas la balle
Tu voudrais bien bosser
Et t'es pas une feignasse
On veut rien t'proposer
C'est ton look de pétasse
On te r'garde de travers
Dans c'putain de Pôle Emploi
Mais tu peux rien y faire
T'es pas gaulée pour çà
Toi tu veux juste un job
Pas une leçon de morale
Avec leurs têtes de zob
Ils d'vraient pas la ramener
C'est sûr c'est pas normal
De vouloir travailler
Ils t'ont jugée classée
Étiquetée pas sortable
Tu foutrais bien le bordel
Mais t'es pas courageuse
T'as peur et t'es pas belle
T'es juste malheureuse
Et puis merde tu t'en tapes
Tu préfères te barrer
T'attendras pas qu'on t'frappe
Tu t'laisseras pas broyer
Toi tu fais peine à voir
T'oses plus sortir le soir
Tu sais plus c'que tu veux
Tu sais plus qui tu es
Ya pas un de tes ch'veux
Qui soit pas coloré
Pas un pouce de ta chair
Qui n'soit brutalisé
Personne t'a jamais dit
Que l'amour çà fait mal
Que la vie çà se perd
A vivre dans des taudis
Qu'tout çà c'est pas normal
Alors cette fois c'est sûr
Tu  vas lâcher la barre
Tu sais qu'ton âme est pure
Mais cette fois t'en a marre
T'écoute  ton cœur fragile
Qui pleurniche en silence
Sur ses envies débiles
D'amour et d'existence
Là-bas dans le trou noir
Au moins t'auras la paix
Personne pour t'laisser choir
Et personne à aimer
L'extase de l'impossible
Est à portée d'ta main
Et toi t'es disponible
Pour prendre un dernier bain...

Ecrit à Beaucaire
le 07 juillet 2015

vendredi 13 février 2015

LES ENVIEUX

Marcher en courbant l'échine pour lutter contre le vent et s'emmitoufler frileusement pour faire barrage au froid de l'hiver sont des réflexes humains naturels. Plier devant l'arrogante bêtise de certains êtres dont la principale occupation est de pourrir la vie des autres ne l'est pas. Je me fais la réflexion qu'après tout ces personnes n'ont aucune raison de s'arrêter si aucune barrière ne stoppe leur inexorable progression dans l'apprentissage du mal.

Oui c'est un apprentissage. Il n'a rien d'anodin et le tourner en dérision ne sert qu'à alimenter les plus bas instincts de ceux qui s'y engagent sciemment parce que leur vie ne ressemble à rien et ne leur apporte aucune joie. Ils envient la vôtre, vous n'avez pas besoin d'eux pour exister et cela leur est insupportable. Tous les envieux ont un point en commun : leur lâcheté. Ils ne vous affronteront pas en face, non ils se cachent derrière tous les moyens de communication à leur portée. Ils ont pour la plupart la langue bien pendue et s'empressent de s'épancher à votre sujet auprès de toute oreille attentive et friande de potins véreux, et bien évidemment ils sévissent sur les réseaux sociaux sous le formidable et tellement pratique pseudo "anonyme" pour faire passer leur message. Quelques-uns vont jusqu'à s'inventer un double du sexe opposé au leur, persuadés que vous n'y verrez que du feu ! Oublieux du fait qu'une écriture et un style se reconnaissent aisément quoiqu'ils fassent pour en changer, probablement parcequ'ils n'ont pas dans ce domaine le talent nécessaire pour devenir quelqu'un d'autre. Le mail reste cependant l'échange préféré des plus orgueilleux d'entre eux, ceux qui s'imaginent pouvoir écrire comme bon leur semble sans avoir à en subir les conséquences, protégés par les barbelés de leur mauvaise foi. 

L'envieux commence par quelques réflexions ici ou là, un peu blessantes mais finalement acceptables, que vous ne relevez pas. Puis il passe à des commentaires plus agressifs qui ont le don de vous énerver mais auxquels vous ne répondez que pour la forme et en prenant garde de ne pas envenimer vos échanges. Vous demeurez poli, voire même aimable, et vous vous essayez à quelques traits d'humour pour détendre l'atmosphère. En vain... Viens le moment qu'il préfère, celui où il minimise ce que vous représentez, s'essayant à vous blesser en vous déniant le moindre talent. Ce talent que finalement il jalouse parce que lui n'en a pas ! L'envieux passe un cap en tentant de vous marginaliser, vous refusant toute légitimité à vous exprimer ! Vous n'êtes pas "d'ici" sa logique tordue vous refuse donc tout droit à vous ériger en membre de la micro-société qu'il entend protéger de vos égarements. Il enfonce le clou en vous insultant copieusement et en mettant en doute votre santé mentale, bien sûr puisque vous ne pensez pas comme lui vous êtes forcément "cinglé" et devez d'urgence consulter un "psy". Il va de soi que cela ne vous atteint pas, vous savez parfaitement que contrairement à cet être pitoyable vous avez toute votre tête et savez raison garder.

Là où le bât blesse c'est lorsque l'envieux s'attaque à ce que vous avez de plus précieux, votre famille. Vous aviez déjà du mal à digérer les insultes dont il abreuve vos amis, mais vous avez bien entendu pris leur défense et c'est à eux que revient d'y mettre un terme. Il y a une règle cependant avec laquelle vous ne transigez pas : personne au monde n'a le droit de s'en prendre à votre famille. Cela équivaut purement et simplement à vous déclarer la guerre. Si la perspective de livrer bataille pour tout le reste pouvait vous stimuler il va sans dire que remporter cette guerre en écrasant l'ennemi comme le vulgaire et pitoyable insecte qu'il est vous donne de suite une pêche d'enfer ! Ce que l'envieux ne sait pas c'est que vous ne vous arrêterez que lorsqu'il sera totalement hors d'état de nuire et que vous brûlerez tout le mal qu'il représente jusqu'à ne laisser dans sa misérable vie que cendres et larmes avec une dangereuse détermination.

Finalement vous le remerciez de vous donner ainsi le bâton pour le battre, son incommensurable orgueil et son imbécillité récurrente vous fournissent tous les outils dont vous aviez besoin pour l'éliminer de votre vie. En lui offrant en prime la joie d'emporter dans l'abîme de sa méchanceté quelques cafards peu reluisants qui lui collent aux basques pour se sentir exister. Pendant que vous reprendrez sans sourciller le cours d'une vie agréable avec le doux sentiment de sérénité que donne la satisfaction d'avoir veillé au bien-être de ceux que vous aimez.


Reconnaissez tout de même que la vie serait bien plus belle sans la détestable ingérence que se permettent certains êtres peu recommandables dans votre vie ! Mener à bien vos projets, œuvrer pour la communauté, chérir vos proches et donner à votre talent l'opportunité de s'épanouir, cela suffit à illuminer votre vie. La bêtise, l'ignorance, l'envie et le mal n'y ont pas leur place.

Ecrit à Beaucaire
le 21.12.2014

samedi 11 octobre 2014

BEN OUI J'AI UNE VIE !

Bon les gens ! Une petite mise au point semble s'imposer. J'ai patienté, mais comme vous ne savez pas vous arrêter je n'ai plus le choix. Et puis d'une certaine manière vous m'amusez, vous répondre m'enchante et la subtilité de ce qui nous relie me donne de l'énergie. Pour reprendre une phrase qui paraît vous plaire vous donnez un sens à ma vie. Du moins vous en êtes persuadés. Qui suis-je pour vous ôter vos illusions ? Elles vont si bien avec vos oeillères que je m'en voudrais de bouleverser l'ordre bien établi de votre triste vie.

Alors je vous l'affirme, contrairement à ce qu'affirme la rumeur j'ai une vie. Sociale et même professionnelle ! Oui, oui... Je passe plus de temps à écrire que la plupart des gens à bosser "normalement" et en plus je le fais bénévolement ! L'argent ne m'intéresse pas, ce n'est qu'une contrainte de plus dont je ne veux pas. Un soutien pour ma pomme (mon petit moi intérieur) qui se sent tellement mieux quand les mots sortent en vrac et s'ordonnent pour faire des phrases et donner naissance à des textes. Un vrai boulot donc ! Prenant, parfois épuisant, les neurones quand vous les sollicitez finissent par vous scier les jambes ! Ne me demandez pas quelle est la relation de cause à effet, le résultat est là et tous ceux qui créent vous le diront. Pardon ! J'oubliais que vous vous ne créez pas, au mieux vous emprisonnez les autres dans un carcan au pire vous les détruisez.

J'allais oublier ! Non, je ne suis pas grosse. Je suis comme le disait une de mes très chères amies "délicatement enrobée". Et je n'ai pas l'intention de changer. Je m'aime comme je suis et je vous demande pas de m'aimer, cela m'indiffère. Alors bien sûr je pourrais faire du sport, aller me crever en courant tout autour du canal ou sur les berges du Rhône, mais bof ! Je préfère de loin me poser tranquillement à une terrasse de café et regarder vivre Beaucaire. C'est instructif, relaxant et occasionne quasiment chaque jour de belles rencontres ! Cela nourrit mon imaginaire, précise mes idées et mes projets, au final je finis par tout recracher dans des textes que pour la plupart vous ne lirez jamais. Mais peu importe ! J'aime rêver ma vie, j'aime l'ensoleiller et la dynamiser à ma manière, avec de petites joies qui font de temps à autre de vrais bonheurs. Le sel de ma vie c'est l'amour. Celui que je voue à ma famille, celui qui m'emporte dans le tourbillon de l'amitié, celui de la liberté qui m'entraîne dans une lutte sans merci contre ceux qui justement voudraient y mettre un terme. Je ne vous nomme pas les gens, mais je pense que vous vous reconnaîtrez ? Les bien pensants, les étriqués, les fachos de bazar et tous les autres... Ce que je fais vous déplaît, moi cela m'amuse de vous déplaire.

Je m'estime chanceuse de vivre maintenant une vie plus riche et plus belle que je ne l'aurais jamais imaginée. Oh bien sûr il me faut y apporter sporadiquement quelques améliorations, mais ce cela ne pèse guère au regard de ce sentiment d'épanouissement qui m'étreint quand je sais que j'ai atteint le but recherché. Que mes mots sont le fidèle reflet de ma pensée, quand je sais que je me suis connectée avec l'insaisissable... Mon bonheur c'est de créer, et c'est exactement ce que je fais jour après jour, nuit après nuit. Que ce soit en écrivant, en captant des instants de vie, en donnant forme à des projets, je crée. Cela c'est une chose que rien ni personne ne pourra jamais m'enlever. Une joie intense qui m'emmène très loin, dans un monde parallèle que je relie à la réalité d'un seul mot. Une réalité que vous gangrénez par votre seule présence et vos mines compassées. Mais même à cela je peux survivre. En fait survivre est un art dont vous ne savez rien et que je pourrais vous enseigner avec brio, si cela vous intéresse faites-moi signe !

Que pourrais-je demander de plus à la vie ? Vivre de ma plume serait certes un grand bonheur, mais ne pas en vivre n'est pas non plus la fin du monde. Mon appareil photo dans une main, mon ordinateur à portée de l'autre, mes soleils, mes amis, mon chat... La vie est belle, elle se fait douce sous le ciel bleu du Gard et ma foi je ne vois pas pourquoi je changerais quoique ce soit ! Tant pis pour les autres ! Vous les gens, vous que cela amuse, ennuie, énerve ou carrément indispose de me voir vivre ainsi. J'ai choisi de vivre libre, de rêver ma vie, de m'affranchir d'un maximum de contraintes et de me faire plaisir autant que possible. J'ai la ferme intention de continuer dans cette voie et pour être tout à fait franche les envieux, les râleurs, les moralisateurs et les donneurs de leçon dans votre genre... Je les emmerde. Avec le sourire bien sûr ! Parce que par-dessus tout j'aime la vie, j'aime ma vie ! Merci à vous les gens de contribuer à ensoleiller mes journées.

Ecrit à Beaucaire
le 11.10.2014

dimanche 31 août 2014

UN MONDE IDÉAL : DU RÊVE A LA RÉALITÉ

Il en est des non-dits comme de ces plantes qui s'efforcent de croître dans l'ombre. Elles évoluent, se glissent subrepticement dans les failles, grignotent les lieux investis en étouffant leurs congénères assoiffées de lumière, s'étalent insidieusement jusqu'à recouvrir le moindre espace de liberté.

C'est exactement ce qui se passe autour de vous. Sournoisement, en prenant soin de ne pas faire de vagues pour n'affoler personne, un parti politique à l'idéologie nauséabonde s'est installé dans votre ville. Il se savait attendu comme un sauveur par des habitants dont le racisme primaire et inconditionnel guide les choix, impatients de lui fournir la matraque dont il aurait besoin pour chasser les indésirables. Il s'est donc consacré à séduire les autres, les inquiets, les peureux. Prenant son temps pour les approcher, leur faisant une cour assidue mais discrète, les noyant dans des promesses de vie future idyllique, ils les ont conquis à force de patience et de ténacité. Pour finalement emporter le bastion, la mariée et toute la famille avec ! Sauf vous.

Un matin vous vous réveillez avec le drôle de sentiment de plus pouvoir respirer et à partir de là vous ne vivez plus, vous survivez. Péniblement, douloureusement. Vous vous accrochez à l'espoir ténu que cela ne saurait durer tout en sachant pertinemment qu'hélas vous devrez supporter cela pendant les six années à venir. Au minimum. L'être humain étant ce qu'il est on ne peut espérer de lui qu'il se ressaisisse et fasse le constat de ses erreurs plus rapidement qu'il n'en est capable. Pour cela il lui faudra subir, chercher à comprendre le pourquoi du comment, assimiler les leçons et envisager les conséquences. Ce qui forcément prendra beaucoup de temps. Et pendant ce temps-là vous vivez dans un monde nouveau, tout d'ordre et de rigueur, un monde dans lequel la moindre de vos activités est soumise à conditions, examinée, dépecée, pour finalement vous être interdite sous de fallacieux prétextes dispensés avec componction. Car il vous faut rentrer dans le droit chemin. Vous ne pouvez plus vous égarer sur des sentes mal tracées au gré de vos envies de découverte, cela risquerait de vous éclairer sur la vraie vie, l'autre, celle du reste du monde. La liste des interdits s'allonge au fil des jours jusqu'à envahir vos songes pour en faire d'irrémédiables cauchemars. 

La musique ? Oui bien sûr, mais pas n'importe laquelle ! Vous ne sauriez demeurer convenable en écoutant des artistes engagés, du raï, du rap, du R’n’B, de la techno, de l'électro, du funk, de la house, du hard-rock, du metal... Il vous reste le choix entre la musique classique, cette bonne vieille variété française qu'on chantonne de tous temps dans nos chaumières, et peut-être un peu de variété étrangère ou même de jazz, mais pour ce dernier pas tout hein ? C'est tout de même une musique de nègros ! Très vite vous comprenez que seules sont autorisées les valeurs sûres, rien de novateur. Mais cela ne vous plaît pas. Tant pis ! Vous n'écouterez plus de musique.

Alors vous vous tournez vers la lecture, après tout il y a tellement de livres que vous trouverez votre bonheur, du moins le croyez-vous. Mais les rayons des librairies n'offrent que des œuvres de Céline, de Drieu la Rochelle, de Maurras, de Brasillach, de Paulhan, de Claudel... Fort heureusement vous lisez couramment plusieurs langues et vous fouillez dans les auteurs italiens, mais là vous ne voyez que les livres de Marinetti, d'Annunzio, de Foscolo... Les espagnols ? On vous propose avec entrain les écrits de Garcia Serrano ! Les allemands ? Oui bien entendu, il y a Heidegger, Grimm, Günter ou Rosenberg... Et la cerise sur le gâteau : Hitler himself. Les libraires argueront que ce sont tous de grands écrivains dont on ne peut nier le talent, mais vous ne vous sentez pas prêts à avaler toute cette mixture indigeste et vous refusez même de chercher parmi les autres auteurs européens. Tant pis ! Vous ne lirez plus.

Que faire de votre temps libre ? Les expositions culturelles sont encadrées et limitées à des artistes autorisés et peu exaltants, bien évidemment les grapheurs sont pourchassés, le Street Art interdit et puni d'une lourde amende voire d'un emprisonnement ! Les concerts spontanés, les bœufs entre amis musiciens, les lectures de textes inédits voire même les regroupement amicaux sont vite dispersés. Le sport, pratique saine visant à nettoyer votre mental en épuisant votre corps est vivement encouragé. Des manifestations sont organisées chaque fin de semaine, la compétition est le fruit d'entraînements journaliers et seuls les esprits forts tiennent la distance. Les autres, ceux qui ne sont pas doués pour les performances sportives, on les regarde de travers et on s'interroge sur leurs tares cachées. Très vite vous vous sentez mal dans votre peau et perdez votre belle assurance, d'autant que seules des tenues vestimentaires correctes sont autorisées et qu'elles ne mettent pas forcément en valeur votre physique si particulier. Et puis il y a les couleurs. Cette palette de marron, de beige, de kaki ne flatte pas votre teint. Tant pis ! Vous ne sortirez plus.

Peut-être que vous pourriez vous contenter de perdre une heure ou deux dans l'un des nombreux restaurants de votre ville ? Avec un regain d'allant vous vous empressez d'en faire le tour pour en étudier les cartes, et là vous n'en croyez pas vos yeux ! Vous voilà limité à la gastronomie française dans ce qu'elle a de plus basique, à la roborative cuisine allemande qui alourdira dangereusement vos formes, à quelques classiques européens... La savoureuse cuisine orientale est bannie de la ville, plus de couscous, de tajines, de kebabs, de délicieuses pâtisseries... Cela vous désole mais vous vous consolez néanmoins, après tout vous pouvez toujours cuisiner les plats que vous aimez, les recettes sont gravées dans votre mémoire ou bien cachées chez vous au fond d'un placard. Mais très vite vous déchantez. Les épices sont interdites, les légumes et fruits exotiques ne sont plus sur les étals des marchés, vous ne trouvez pas de semoule et les petites épiceries pleines de surprises et de produits rares que vous fréquentiez sont fermées. Tant pis ! Vous ne mangerez plus.

Le programme des divertissements est affiché en mairie, placardé le long du canal et sur les vitrines des commerces, vous le connaissez par cœur et il vous donne la nausée. Après quelques sursauts d'indignation vous vous rendez compte que peu à peu vos amis vous tournent le dos, que votre famille ne vous soutient plus, que vos collègues de travail vous ignorent... Incapable de continuer seul votre combat vous vous résignez à rentrer plus ou moins dans le rang, mais c'est trop tard. Aux terrasses des cafés les nantis de la municipalité réquisitionnent les meilleures places et il n'y a jamais la boisson que vous commandez, dans les restaurants curieusement vous ne parvenez jamais à réserver, vous faites la queue sous une pluie battante ou un soleil de plomb pour les événements culturels mais ne pouvez que rarement y entrer, bien sûr on ne vous rembourse pas votre entrée... Au travail cela va de mal en pis, vous n'obtenez pas ce poste tant convoité que l'on vous promettait, on vous refuse plusieurs fois une augmentation et pourtant vous travaillez de plus en plus. Un matin vous vous faites virer. Tant pis ! Vous ne travaillerez plus.

Plus que tout vous craignez les heures sombres qui s'annoncent. Bientôt vous ne pourrez plus payer votre loyer et vous serez expulsé. Vous irez rejoindre le troupeau grandissant des démunis et serez mis à l'index par ceux que vous connaissiez. Vous savez que la municipalité ne fera rien pour vous venir en aide, elle n'a pas d'argent à consacrer aux miséreux, aux exclus de la société. Pourtant vous êtes né ici, vous avez la bonne nationalité, les bonnes origines, rien n'entache votre pedigree hormis votre fichu esprit rebelle. Lequel somme toute réagit en vous poussant à camper sur la place de votre mairie. Comme çà, juste pour les emmerder. Vous vivez de peu, quelques personnes investies dans un bénévolat charitable vous apportent à manger et toujours ces affreux vêtements que vous détestez.  Le sol est dur, il n'y a plus un seul banc pour s'y reposer, le maire les a fait enlever parce que des étrangers s'y asseyaient. Vous avez froid l'hiver et vous crevez de chaud l'été. Le maire a fait abattre les arbres de la place sous le prétexte que des indésirables s'y abritaient du soleil. Il pense que vous vous lasserez et cherche le moyen de vous faire partir, mais vous résistez. Vous devenez petit à petit une curiosité incontournable de la ville. Les touristes viennent vous voir, vous prennent en photo, des journalistes ont écrit à votre sujet et vous apparaissez dans quelques reportages des chaînes nationales. La municipalité ne peut plus se débarrasser de vous, tout le monde vous connaît.


Votre vie est devenue publique. Vous êtes plus sollicité que le maire lui-même et vous ne vous privez pas de dire ce que vous pensez de sa gestion et de l'idéologie de son parti. Les habitants qui bêlent avec le troupeau comme de bons moutons dociles vous craignent, certains se remettent en question, ils se rapprochent de vous et proposent de vous aider. Au bout du compte une commission d'élus municipaux est chargée d'étudier votre cas avec l'aide de spécialistes nationaux. On vous qualifie de résistant. Vous en riez, vous préférez n'être que vous-même. Un matin le maire lui-même vient vous parler. Il vous offre un travail à ses côtés, un logement payé par la municipalité, vous autorise un accès à la culture que vous aimez, à porter les vêtements de votre choix... Mais vous n'aimez pas les compromissions. Le mot seul vous donne envie de vomir. Alors vous refusez. Poliment. Le côtoyer chaque jour serait dangereux pour votre équilibre, vous ne pourriez pas résister à la tentation qu'il représente. Cet homme est intelligent, séduisant, cultivé, ambitieux... Un gendre idéal. Et vous êtes gay.

Ecrit à Beaucaire
le 18 avril 2014